Chasse : l’exemple haut-savoyard

Chaque année, des accidents de chasse font la “une” des médias. Le plus souvent, ces accidents touchent les chasseurs eux-mêmes, mais il arrive aussi que des promeneurs en soient victimes. C’est ce qui est arrivé en 2015 dans le Massif du Semnoz, en Haute-Savoie.

A la suite de ce drame, les pouvoirs publics et la Fédération de chasse de Haute-Savoie ont analysé la situation, dans un département de plus en plus urbanisé, où les espaces ruraux sont utilisés en même temps par des publics très différents.

A quelques semaines de l’ouverture de la chasse, les Haut-Savoyards ont communiqué sur l’accord auquel ils viennent de conclure, pour tenir compte des intérêts des chasseurs et des autres usagers multiples de la nature.

Trois zones ont ainsi été définies :

  1. Des zones interdites à la chasse, qui ne concernent que quelques petits secteurs péri-urbains, très fréquentés par les promeneurs, les familles, les coureurs à pied… Dans la plupart des cas, ces zones étaient déjà très délicates pour les chasseurs, très sensibles à la fois à la sécurité et au confort d’exercice de leur passion.
  2. Des zones où la chasse reste autorisée, mais jusqu’à 11 h 30, ce qui permet ensuite une fréquentation tranquille pour le reste de la population. Ces zones, assez peu étendues, sont toutes à proximité des villes.
  3. Sur l’essentiel du territoire de la Haute-Savoie, la chasse peut continuer à se dérouler comme d’habitude, à la fois parce que les chasseurs ont développé une culture de la sécurité permettant de limiter au maximum les risques pour eux et pour les autres usagers de la montagne et parce que la fréquentation des massifs, des campagnes et des forêts est finalement assez faible.

Ayant été comme beaucoup d’autres marquée par des accidents dramatiques, je suis attentive à ce que la sécurité soit maximale en période de chasse. Lorsque j’ai découvert dans la presse le travail réalisé dans le département voisin, j’ai trouvé la démarche exemplaire, pragmatique et respectueuse de tous. J’ai donc souhaité poser une “Question écrite” à la Ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, afin de savoir si ses services pourraient faire la promotion de l’exemple haut-savoyard sur tout le territoire national, afin de rassurer les non-chasseurs, tout en assurant aux chasseurs la possibilité de vivre leur passion en ayant l’esprit plus tranquille.


» Retrouvez ici le texte de ma Question écrite en ligne

Texte de la Question :

“Mme Bernadette Laclais interroge Mme la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat sur les problèmes de cohabitation entre chasseurs et autres usagers des espaces naturels, et sur l’exemple de négociation que les chasseurs et la préfecture de Haute-Savoie viennent de négocier.

Chaque année, l’actualité est marquée par des accidents liés à la fréquentation des mêmes secteurs par des personnes pratiquant des activités parfois difficiles à rendre compatibles.

Très récemment, le préfet de la Haute-Savoie et les chasseurs de ce département sont parvenus à un accord restreignant la possibilité de chasser dans quelques zones périurbaines les plus fréquentées par le grand public. Cet accord prévoit soit d’interdire complètement certains secteurs (zone rouge) soit de limiter la pratique dans le temps (zone orange avec interdiction de chasse à partir de 11h30 le dimanche).

Négocié « à froid » à la suite d’un drame qui avait frappé tout le département, cet accord montre qu’il peut à la fois être tenu compte de la sécurité publique tout en maintenant le droit de chasse et la possibilité de gérer les populations d’animaux sauvages.

Chaque préfet, chaque département restant libre de s’organiser, elle lui demande s’il ne serait cependant pas possible que ses services informent l’ensemble des acteurs nationaux de la chasse et les préfets de l’accord passé en Haute-Savoie afin que ce mode de gestion géographique et temporelle des zones de chasse puisse être reproduit ailleurs, en incitant chacun à suivre cette initiative exemplaire.”