Cyclisme – Chambéry en tête de peloton

Avec “France Cyclisme” (l’équipe pro AG2R) et “Chambéry Cyclisme Formation” (CCF), le bassin chambérien abrite des outils d’une exceptionnelle qualité, comme vient de le constater une délégation de parlementaires amateurs de vélo invités par le partenaire des équipes à faire le tour des installations ce mercredi 22 mars.

Pesez-moi ça”… D’une main surprise, les visiteurs soupèsent un cadre de vélo des professionnels de l’équipe AG2R La Mondiale. Poids plume pour une équipe devenue un poids lourd du cyclisme mondial. Pendant qu’une délégation de sénateurs et de députés visitent les locaux de La Motte-Servolex, les coureurs sont en Catalogne ou en Flandres. Il y a 25 ans, Vincent Lavenu parvenait à monter la première équipe professionnelle basée à Chambéry : l’équipe Chazal, devenue ensuite Casino, puis AG2R La Mondiale depuis l’an 2000.

Entrée dans l’élite mondiale en 2006, l’équipe a offert à la France de belles occasions de reprendre espoir dans un cyclisme renouvelé : la victoire de Christophe Riblon à l’Alpe d’Huez en 2013, puis les podiums de Jean-Christophe Péraud et de Romain Bardet en 2014 et 2016 ont montré que la persévérance déployée par l’équipe rassemblée autour de Vincent Lavenu pouvait être payante. France cyclisme est aujourd’hui une entreprise composée de 30 coureurs et de 45 personnels techniques et administratifs, pour un budget annuel de 14,5 M€. “Les partenaires sont indispensables, car le cyclisme est un sport gratuit, sans stade, sans droits télé…“, souligne Vincent Lavenu.

La formation en réserve
La réussite de l’équipe AG2R repose aussi sur une autre entité : Chambéry Cyclisme Formation (CCF), l’école qui forme des coureurs sur les hauts des Monts, toujours à Chambéry, dans des locaux mis à disposition par la municipalité de Louis Besson. L’aventure a commencé en 2002, en s’inspirant des centres de formation existant dans le rugby ou le hand -un sport (re)connu à Chambéry !-, et avec la volonté de construire un autre cyclisme après les affaires “Festina” (et autres…) de la fin des années 1990. “Nous voulions transmettre des valeurs, et offrir aux jeunes cyclistes de 18 à 22 ans des conditions d’études leur permettant d’allier sport et préparation d’une vie professionnelle ultérieure“, explique Loïc Varnet, le directeur de CCF. 37% des élèves sont passés professionnels ; ce qui veut dire que 63% n’ont pas pu aller plus loin dans leur rêve sportif. Mais tous, à vingt ans comme à trente, ont besoin de pouvoir se reconvertir et d’assurer une autre carrière que le vélo. “Nous formons des hommes équilibrés“. C’est important, y compris durant la carrière sportive.

La réussite de “Chambéry Cyclisme Formation” est évidente : l’équipe sportive est en DN1 (division nationale 1) de la Fédération Française de Cyclisme depuis 2007, et a été classée premier club français en 2016 (sur 2500 clubs !). Les six élèves d’une promotion restent trois ans, suivent des formations aux horaires adaptés, dans les divers domaines présents sur le pôle universitaire de Chambéry-Technolac. C’est d’autant plus compliqué à mettre en place que le vélo comme les cours se pratiquent le jour et en même temps. Les plannings sont donc très serrés, la discipline aussi, mais le CCF est très demandé : à la rentrée 2016, il y avait 66 candidats pour six places, des candidats issus de 24 pays et de 4 continents !

Equipe réserve de l’équipe pro “AG2R”, le CCF est aujourd’hui l’une des plus belles portes d’entrée vers le professionnalisme, avec 10 de ses anciens élèves courant sous les couleurs d’AG2R. France cyclisme assure d’ailleurs la moitié du budget annuel, les subventions publiques et des recettes propres apportent le reste. L’an dernier, j’avais d’ailleurs attribué une réserve parlementaire à CCF : une manière de marquer la réussite d’une expérience chambérienne.


Casques et vitres teintées

Au-delà du Pacte de performance signé en 2014 par le Ministre des sports pour faciliter l’accès des sportifs de haut niveau au monde de l’entreprise, l’action dans ce domaine ne se limite pas à la compétition.

En tant que parlementaire, je suis membre du Club des parlementaires pour le vélo, et nous avons durant ce mandat obtenu, entre autres, la mise en place d’une indemnité kilométrique vélo, permettant aux salariés qui vont au travail par ce moyen de voir prise en charge une partie de leurs frais. Les cyclistes ont aussi contribué à la nouvelle législation contre les vitres teintées à l’avant sur les voitures (les forces de l’ordre veulent voir qui est dans le véhicule, mais les cyclistes veulent aussi et surtout savoir si le conducteur les a vus, le contact visuel étant essentiel à la sécurité du cycliste urbain).

L’obligation du port du casque pour les enfants de moins de douze ans est aussi une mesure en faveur de la sécurité des plus jeunes. Mais, à l’instar de la Fédération française des Usagers de la Bicyclette (FUB), je pense que cette mesure doit s’accompagner d’une obligation de l’apprentissage du vélo, de la conduite et du code de la route, dans les écoles primaires. Un travail à poursuivre lors de la prochaine étape parlementaire !