Hépatite C – Guérir les humains : une longue lutte pour la recherche et contre des prix indignes

En 2014, j’avais, avec quatre collègues socialistes, interpellé le président des laboratoires pharmaceutiques Gilead sur le coût de leur très efficace traitement contre l’hépatite C. Trois ans et d’autres démarches plus tard, le laboratoire baisse -encore- ses prix.

Trouver de nouveaux médicaments plus efficaces que les anciens est depuis longtemps l’enjeu de la recherche et de la santé publique. Identifiée il y a trente ans, l’hépatite C concernerait environ 200 millions de personnes dans le monde. En France, nous comptons 200 000 malades, dont 3000 meurent chaque année. C’est donc un fort enjeu de santé publique, mais aussi un gros marché potentiel pour l’industrie pharmaceutique.

En 2014, le laboratoire Gilead a commercialisé un nouveau traitement, le Sovaldi, dont les résultats ont été rapidement exceptionnels, avec 90% de guérison en quelques semaines. Un produit “miracle”, vendu à prix d’or par le laboratoire : 56 000 euros le traitement de douze semaines. Pour traiter tous les malades, les budgets de l’assurance-maladie n’y auraient pas suffi… Nous avions donc interrogé le directeur France du laboratoire, car des professionnels avaient calculé le prix de revient réel du médicament (environ 200 euros la cure…). 280 fois moins que le prix de vente, seulement justifié par le coût du rachat par Gilead de l’entreprise qui avait déposé le brevet. Or nous pensons que s’il est légitime que les chercheurs et leurs laboratoires soient correctement rémunérés, il existe des limites à ce qui est supportable par la collectivité et donc par l’intérêt général.

Nous avons donc porté le fer contre le laboratoire. Nous avons été suivis par le Gouvernement. Dans une action opiniâtre, nous avons aussi obtenu la création d’un fonds spécifique à la prise en charge des médicaments innovants (et de leur coût très variable d’une année à l’autre) dans le budget 2017 de la Sécurité sociale (voir l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale -PLFSS- pour 2017…). Cela permet à un plus grand nombre de malades de bénéficier de nouveaux traitements.

Sur le dossier de l’hépatite C, le Gouvernement vient d’obtenir un accord avec le laboratoire, afin que le coût du traitement soit fortement baissé : de 56 000 euros au début, puis 41 000, nous sommes descendus aujourd’hui à 28 700 euros. Cela reste (très) rémunérateur pour le laboratoire, permet à plus de malades de bénéficier d’un médicament permettant la guérison, tout en contribuant au redressement en cours des comptes de l’assurance-maladie (le montant d’une hospitalisation, voire d’une greffe, peut être très supérieur au traitement). L’engagement de quelques députés a ainsi pu faire évoluer les choses, car s’il n’est pas question d’avoir une vision comptable de notre santé, il n’est pas non plus question d’accepter n’importe quel comportement…