Le Secrétaire d’Etat à l’Industrie à la rencontre de plusieurs fleurons industriels sur le bassin chambérien

Christophe Sirugue, Secrétaire d’Etat à l’Industrie (et, depuis ce mercredi matin, en charge du Numérique et de l’Innovation depuis le départ de la titulaire du portefeuille Axelle Lemaire) avait répondu favorablement à mon invitation à venir en Savoie : ce mercredi 1er mars, malgré un emploi du temps très contraint, l’objectif de sa visite était de rencontrer plusieurs entreprises du bassin chambérien.
L’enjeu ? Mettre en avant l’importance de l’insertion, de l’accompagnement de ces acteurs par les services de l’Etat, et de facteurs de compétitivité comme le coût et la gestion de l’énergie.

Celui qui était mon collègue membre de la Commission de affaires sociales jusqu’à l’automne dernier avant d’entrer au Gouvernement, s’est rendu au site de CATM à La Ravoire. Au côté de plusieurs élus locaux, de partenaires de l’entreprise et du Préfet de la Savoie, Denis Labbé, nous avons échangé avec le fondateur de cette structure spécialisée notamment dans la sous-traitance industrielle, et employant de nombreux salarié.e.s en contrat d’insertion.

La visite de l’entreprise Ferropem, dont le siège est à Chambéry, de même que le département de recherche-développement, résonnait ensuite directement avec certaines mesures législatives prises récemment. Anciennement Péchiney, l’entreprise fait désormais partie de Ferroglobe, géant du silicium. Spécialiste de l’électrométallurgie avec deux sites de production en Savoie, l’entreprise délivre des produits non-finis en silicium et des alliages à base de silicium pour d’autres secteurs industriels.

Le coût de l’énergie au centre du jeu

Les dirigeants de Ferropem sont revenus plus en détails sur une des caractéristiques principales de leur activité, à savoir la très grosse consommation d’électricité nécessaire au process. Comme plusieurs groupes historiques en Savoie, elle fait partie de cette catégorie dite des électro-intensifs (voire “hyper-électro-intensifs” pour certains) pour lesquels la consommation en électricité peut représenter une part très importante de l’ensemble des coûts de production. Ce qui, justement, nous a permis d’échanger une nouvelle fois sur le travail -mené par le Gouvernement et plusieurs parlementaires dont je faisais partie lors de l’examen des lois pour la transition énergétiques puis pour la croissance et l’activité (“loi Macron”)- à propos de la reconnaissance de ce volet précis du modèle économique.

En mettant en place divers dispositifs (« interruptibilité… »), il s’agissait de permettre à ces industries de bénéficier d’un coût de l’énergie qui soit concurrentiel avec nos voisins, et plus largement sur le marché mondial. Pour le moment, les acteurs saluent les mesures prises ces dernières années, et pour lesquelles j’avais à de nombreuses reprises rencontré les représentants de la filière électro-intensive. Au final ce sont des centaines d’emplois qui ont pu être maintenus, dans notre département et ailleurs en France.

La société “Energy Pool”, basée à Savoie Technolac et que j’avais rencontrée il y a quelques semaines, était d’ailleurs présente pour cet échange avec le Secrétaire d’Etat et les dirigeants de Ferropem. Spécialiste des solutions d’optimisation de la consommation d’énergie, travaillant avec les entreprises et les acteurs du réseau électrique sur les questions d’effacement, Energy Pool est un très bon exemple à la fois de partenariat gagnant entre deux sociétés, et de succès récent. Sa croissance en France et à l’international, qui va probablement l’amener à devenir le n°1 mondial du secteur fin 2017, en est la preuve.

Au cours de ce déplacement, les conseillers du ministre, au côté des représentants de l’Etat dans le département (DIRECCTE, DREAL…), ont pu échanger avec les organisations syndicales sur les points d’interrogation précis sur lesquelles elles nous avaient sollicités.

   


Jean-Pierre Rastier reçoit la Légion d’Honneur

Après une longue carrière et de multiples engagements, une remise de distinction est toujours l’occasion de tirer quelques leçons d’une vie. Après avoir reçu la Légion d’Honneur des mains du Secrétaire d’Etat à l’industrie qui terminait ainsi son déplacement en Savoie, Jean-Pierre Rastier nous a livré quelques enseignements à méditer, mais surtout à appliquer dans notre vie collective. Sous le regard de quelques-uns des agents de maîtrise de Péchiney qu’il a formés à l’Argentière-La-Bessée en 1962-63, il nous a parlé de l’importance de la formation professionnelle, gage permanent d’un déroulement de carrière comme de l’efficacité d’une entreprise. De ses années chez Pechiney Nederland, il retient une manière de négocier les accords sur le travail qui pourrait inspirer avec bonheur les relations sociales françaises… Anticiper, veiller aux nouveautés,…sont aussi des gages de succès pour l’économie comme pour les hommes.

Après que le ministre a rappelé que Jean-Pierre Rastier a aussi été administrateur du PSG, je me souviens, de mon côté, de celui qui fut de 2001 à 2008 conseiller municipal délégué aux entreprises de la ville de Chambéry et vice-président de l’agglomération dans l’équipe de Louis Besson, puis dans la mienne. Un beau parcours, accompagné lors de cette cérémonie par de nombreux anciens de Pechiney, comme par ceux qui l’ont connu comme élu local.

 


 

Economie en Savoie – “Energy Pool” : grands froids et finesses de gestion

Un mois de janvier très froid, quelques tranches nucléaires en maintenance : le réseau électrique français abordait la période avec inquiétude. Mais en gérant avec finesse l’”effacement” d’usines grosses consommatrices d’électricité, la start-up « Energy Pool » basée à Savoie Technolac contribue à sécuriser notre approvisionnement. A leur invitation, et dans le prolongement du travail parlementaire que j’ai effectué pour que nos industries électro-intensives -nombreuses en Savoie- aient un prix de l’électricité compétitif, j’ai rendu visite à l’équipe d’Energy Pool ce vendredi 20 janvier.

Plus que d’autres pays, la France a choisi l’électricité, notamment pour le chauffage des logements. Un choix plutôt bon pour la pollution, mais un choix problématique en hiver, lorsque l’on a à la fois les consommations classiques de l’industrie et de toute l’activité de la vie courante, et de forts besoins en chauffage. Généralement, ces périodes de pointe se traduisent par des appels ponctuels à l’importation d’énergie.

Cet hiver 2016-2017 s’annonçait mal : une part importante des centrales nucléaires françaises est en maintenance, l’automne a été sec (ce qui n’est pas bon pour l’hydro-électricité) et la stagnation de l’anticyclone sur l’Europe de l’Ouest, sans vent, rend plutôt inopérantes les éoliennes de France ou d’Allemagne…

L’accident électrique était presque garanti.

Tout s’est pourtant bien passé, car le réseau a su gérer ses pointes de consommation en fonction de l’énergie disponible. En grande partie grâce à une entreprise de Savoie Technolac : Energy Pool.

Fondée en 2009 par Olivier Baud, un ancien dirigeant des usines d’aluminium de Pechiney, Energy Pool assure l’interface entre RTE (Réseau de Transport d’Electricité) et de gros consommateurs industriels. L’enjeu est de passer des contrats avec les usines pour gérer leur consommation avec réactivité. L’industriel y trouve un fort avantage tarifaire (les plus efficaces obtiennent de 10 à 20% de remise sur leur facture globale). En contrepartie, il doit adapter sa fabrication au rythme de consommation du pays. Entre le pic du soir à 19 h et le creux du matin à 6 h, la France baisse sa consommation de 20%. A 7 h 30, tout le monde est réveillé, et la consommation est de nouveau proche des sommets.

En fonction des prévisions techniques des producteurs électriques, et météorologiques, les industriels anticipent leurs productions à la semaine, à la journée, voire sur des délais encore plus courts, par exemple pour baisser un four et faire gagner quelques mégawatts à la consommation nationale.

« Nous avons environ 150 clients industriels, et nous pouvons effacer 1000 mégawatts » explique Olivier Baud, dont l’entreprise assure environ 80% du marché français de l’effacement.

Dans ses locaux de Savoie Technolac, Energy Pool emploie aujourd’hui 70 personnes. L’entreprise est aussi présente dans plusieurs pays étrangers, où elle gère aussi de l’effacement électrique. C’est le cas au Cameroun, mais aussi au Japon, en Turquie ou en Corée. Le chiffre d’affaires était en 2016 de 25 M€. L’ambition est de doubler le nombre de salariés d’ici 2018, en étant présents sur un plus grand nombre de marchés mondiaux. « Nous avons une technologie et un savoir-faire exportables » note Olivier Baud. Ce qui est doublement bon pour l’industrie savoyarde : voilà de nouveaux emplois, qui contribuent à maintenir les anciens emplois de l’électrométallurgie… Un maintien facilité aussi par les mesures obtenues (loi de transition énergétique principalement) auprès du Gouvernement sur le prix de l’électricité pour les entreprises électro-intensives…


 

Aluminium : de nouvelles restructurations annoncées…

DSC_0363Il y a quelques semaines, l’actualité de RioTinto Alcan concernait la reprise de l’usine Carbone Savoie à La Léchère. Je m’étais fortement impliquée aux côtés des syndicats, des repreneurs et du Gouvernement afin de sauver les emplois dans nos vallées. Un comité de suivi présidé par le Préfet de Savoie se réunira d’ailleurs courant juin.

Poursuivant la réduction de son périmètre industriel, RioTinto Alcan vient d’annoncer 94 suppressions de postes dans sa filiale Aluminium Pechiney. Cela touche les fonctions commerciales industrielles et les services informatiques sur les sites de Paris, Gardanne et Aluval à Voreppe.

RioTinto Alcan annonce que son Laboratoire de Recherches des Fabrications (LRF) de Saint-Jean de Maurienne, que j’avais eu l’occasion de visiter il y a quelques semaines, ne sera pas touché, ni l’usine de production de Dunkerque. Même si ces sites ne sont pas sur notre circonscription, et alertée par les syndicats de salariés, je reste très vigilante sur l’avenir de la filière industrielle de l’aluminium. Pour l’emploi local, mais aussi au travers de considérations de stratégies industrielles entre la France, l’Europe et la Chine dont la prééminence déstabilise le marché mondial.


» Retrouvez ici mon article sur la visite du Laboratoire et la rencontre avec le personnel et la direction du site


 

Visite du barrage de Génissiat à l’occasion de grandes opérations sur le Rhône

Ce vendredi 27 mai, j’ai été invitée, aux côtés de nombreux élus locaux, à visiter l’aménagement de Génissiat dans l’Ain, géré par la CNR (Compagnie Nationale du Rhône), à l’occasion d’importantes opérations de gestion des sédiments du Haut-Rhône.

Visite CNR Génissiat - 27.05 (14)Mobilisée sur les questions d’énergie dans notre région, et particulièrement sur la production d’électricité d’origine hydraulique, j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises les représentants de la CNR afin d’échanger sur ces problématiques et sur les enjeux du secteur. Leur modèle de gestion du Rhône et d’exploitation des centrales hydroélectriques, en lien avec les collectivités locales, est un modèle reconnu, performant et innovant, que j’ai eu l’occasion de défendre à plusieurs reprises lors de travaux au Parlement, à commencer par la loi sur la transition énergétique.

Du 19 au 31 mai se déroulent ce que l’on dénommait auparavant les « chasses suisses » : les vidanges du barrage de Verbois en Suisse menées depuis les années 1940 visent à prévenir le risque d’inondation de certains quartiers de Genève, du fait de l’accumulation de sédiments. La dernière fois, en 2012, ce sont des quantités exceptionnelles de sédiments qui ont été évacuées des retenues suisses : 2,6 millions de tonnes (trois fois plus qu’en 2003) ! Ces opérations ont bien évidemment des impacts importants sur la faune et la flore du fleuve en aval, et donc sur la partie française gérée par la CNR.

Rappelons que la Compagnie Nationale du Rhône, créée en 1933, gère 19 barrages et centrales hydroélectriques sur le Rhône et 21 plus petites centrales. (La compagnie s’est diversifiée avec les années vers l’éolien et le photovoltaïque, produisant aujourd’hui l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 6 millions d’habitants).

A la suite des « chasses suisses » de 2012, un nouveau mode de gestion des sédiments pour la période 2016-2026 a été élaboré pour limiter les risques sur l’environnement. Associant les trois exploitants industriels concernés le long du fleuve ainsi que les autorités des deux pays, les différents volets de la gestion sédimentaire procèdent d’un cahier des charges très strict pour l’environnement.

Plus de trois cents employés de la CNR, ainsi que des équipes de la DREAL, des experts de bureaux d’étude, de laboratoires d’université et des membres d’associations de protection de la nature, assurent tout au long des 10 jours de l’opération les mesures de suivi et d’analyse sur une soixante de points le long du fleuve.

Principal indicateur, le taux de matières en suspension dans l’eau est un facteur déterminant pour la biodiversité. Un ensemble de leviers (actions sur les barrages pour augmenter ou diminuer le débit, mise en place d’outils et de refuges piscicoles…) permet de moduler ce taux dans l’eau, et donc de diminuer, si besoin, l’impact sur les espèces protégées et la flore.

La présentation très complète du dispositif, par la CNR et par les autorités franco-suisses, lors de la visite du barrage était particulièrement intéressante. Je n’étais pas la seule ce vendredi matin à découvrir l’ampleur de cette opération et des investissements (financiers, humains, technologiques…) indispensables pour assurer la bonne marche du processus. Plus que jamais, la production d’électricité d’origine hydraulique, très présente également en Savoie, ne saurait s’accompagner de « dommages collatéraux » pour l’environnement. Je tiens à saluer un dispositif qui, avec les années, tend à prendre en compte l’ensemble des paramètres et à s’inscrire, ainsi, dans une démarche globale de développement durable.


Visite CNR Génissiat - 27.05 (1)   Visite CNR Génissiat - 27.05 (7)   Visite CNR Génissiat - 27.05 (3)   Visite CNR Génissiat - 27.05 (19)

Visite CNR Génissiat - 27.05 (4)   Visite CNR Génissiat - 27.05 (25)


panoramique


 

Notre métallurgie… et la Chine : dépôt d’une résolution pour lutter contre le dumping chinois

capture résolutionDepuis mon élection à l’Assemblée, je travaille activement à la reconnaissance des particularités des industries électro-intensives. J’ai, nous avons, obtenu des résultats, qui ont notamment permis de conforter la présence en Savoie d’usines fortement consommatrices d’électricité, comme Trimet, Carbone Savoie ou les sites du groupe Ferropem…

Mon combat pour le maintien d’une industrie métallurgique forte dans nos territoires se poursuit au travers d’une lutte plus commerciale, contre le dumping chinois. A la lumière de l’engagement d’Edouard Martin, député européen auteur d’un rapport sur l’industrie des métaux de base en Europe, je travaille actuellement à une résolution de l’Assemblée nationale visant à inciter l’Europe à mieux défendre son industrie contre les produits métallurgiques chinois. Des produits vendus à prix bradés, et qui menacent directement la survie de toute l’industrie métallurgique européenne. La liberté du commerce n’est pas synonyme de naïveté, l’Europe doit savoir défendre ses travailleurs, sa protection sociale et son environnement.

La résolution n’étant pas encore formellement déposée à l’Assemblée, j’aurai l’occasion d’y revenir plus en détails lors de sa publication et de son examen au Parlement…


 

Grande visite du barrage du Mont-Cenis à l’occasion de sa vidange

VIDANGE BARRAGE MONT CENIS (5)Les barrages EDF sont l’un des piliers de l’économie et du patrimoine savoyards. Ces ouvrages monumentaux marquent notre paysage, comme ils ont aussi marqué notre vie sociale lors de leur construction, lorsque des milliers de travailleurs venus de partout ont habité pendant des années dans nos hautes vallées, perçant des dizaines de kilomètres de tunnels, élevant des digues majestueuses et des centrales électriques monumentales.

Enfant, j’étais en Haute-Maurienne la fille de l’un de ces travailleurs qui bâtissaient le barrage du Mont-Cenis. C’est donc avec un regard particulier que j’ai répondu récemment à l’invitation d’EDF pour venir visiter les travaux d’entretien entrepris sur le barrage à l’occasion d’une grande vidange.

Tous les visiteurs passant sur le plateau du Mont-Cenis retrouvent actuellement les traces d’un passé habituellement enfoui sous les eaux, des petits barrages italiens des années vingt aux marques indélébiles de l’hospice et de la route napoléonienne qui traversait le caravansérail alpin.

La visite effectuée le 13 avril dernier en compagnie d’élus de Maurienne permettait de mieux saisir les contraintes d’une opération indispensable pour la sécurité d’un barrage international retenant 320 millions de m3 d’eau au-dessus de la vallée italienne de Suse (la France a droit aux 5/6 des eaux, turbinées à Villarodin, près de Modane, et l’Italie à 1/6, turbiné à Venaus, près de Suse). Une vidange décennale (en fait désormais tous les vingt ans…), c’est une opération de près de quatre millions d’euros, qui, après de lourdes procédures environnementales, permet de vidanger totalement la retenue et de reprendre à neuf ce qui doit l’être sur les prises d’eau, les vannes et les galeries.

Dans des conditions tantôt printanières –les marmottes étaient déjà sorties- tantôt hivernales –il neigeait-, les entreprises, savoyardes et régionales dans leur grande majorité, réalisent un travail difficile, avec des contraintes de planning très serrées.

En effet, la grande vidange se fait en fin d’hiver, lorsque EDF et les italiens d’ENEL ont turbiné, à l’occasion des pointes de consommation hivernales, toutes les eaux accumulées l’été précédent. Les travaux doivent alors se faire au plus vite, pour perdre le moins possible les eaux issues de la fonte des neiges, et assurer dans la foulée le remplissage du barrage au cours de l’été, pour disposer durant l’hiver 2016 /2017 d’une réserve d’énergie suffisante, utilisable immédiatement lors des pointes de la demande.


VIDANGE BARRAGE MONT CENIS (1)   VIDANGE BARRAGE MONT CENIS (2)   VIDANGE BARRAGE MONT CENIS (3)   VIDANGE BARRAGE MONT CENIS (4)


 

Carbone Savoie : vers un dénouement positif ?

La vente de l’entreprise Carbone Savoie (sites à Notre-Dame-de-Briançon et à Vénissieux) par le groupe Rio Tinto au fonds industriel Alandia a suscité des inquiétudes compréhensibles chez les salariés et un conflit social qui dure depuis plusieurs mois. Après plusieurs semaines de grève, un protocole de fin de conflit a été signé la semaine dernière entre la direction et les représentants des salariés.

DSC_0377 webGrâce aux avancées obtenues, le travail a pu reprendre sur les sites et maintenir l’activité. En plus d’engagements sur les rémunérations des salariés, la direction a accepté une expertise indépendante sur certains des outils de production (les fours de Vénissieux en particulier, point fondamental pour les salariés au vu de l’interdépendance des usines de Savoie et du Rhône). Le résultat de cette expertise, que l’on aura dans quelques jours, permettra d’en savoir plus sur l’état exact des outils industriels, et de fait le montant d’investissements nécessaires.

A l’instar d’autres élus locaux, de tous bords, préoccupés par cette situation, j’ai tenu, depuis le tout début, à être à l’écoute de tous les acteurs de cette reprise. Il fallait parvenir à une sortie de crise pour maintenir l’activité industrielle si importante pour nos territoires, et les nombreux emplois qui vont avec. Que ce soit pour le protocole de fin de crise, ou la demande d’’une expertise indépendante du four de Vénissieux, j’ai ainsi été en contact très régulier avec le cabinet du Ministre de l’économie et de l’industrie, la direction, les repreneurs et les représentants des salariés, pour qu’une médiation soit fructueuse.

Patrimoine industriel de nos vallées

Ne l’oublions pas : le maintien d’une activité viable à moyen et long termes sur les sites de Carbone Savoie est un impératif social et humain pour tous les salariés, les nombreux emplois indirects qui en découlent, leurs familles et les collectivités locales.

Au regard du nombre d’emplois concernés, de la diversification nécessaire de notre économie (autre que le tourisme dans les Alpes) et de l’ancrage historique très fort de ces entreprises dans nos territoires, véritable patrimoine de l’histoire du travail dans nos vallées, la mobilisation pour le maintien et le développement des activités industrielles à forte consommation d’électricité (dites « électro-intensives », voire « hyper-électrointensives ») -comme Carbone Savoie ou plusieurs autres implantées- dans notre département, est une des priorités de mon mandat de parlementaire.

Outre la mobilisation pour Carbone Savoie, j’ai d’ailleurs eu l’occasion de participer mercredi dernier, le 16 mars, à une réunion de travail du Groupement des Industries Hyper-Electro-Intensives, à Paris. Suite à la publication des décrets d’application de la loi de finances pour 2016, le secteur a salué la mise en place de dispositifs visant à maintenir un coût de l’énergie en France similaire à celui de nos voisins européens, et notamment à l’Allemagne. Autant de mesures pour lesquelles je m’étais fortement mobilisée lors de l’examen du Projet de Loi de Finances 2016 à l’automne dernier (plus d’infos sur cet article).

Ces entreprises attendent désormais une stabilité et une visibilité pour les années à venir sur le coût de l’électricité. Cela passe notamment par des négociations sur les contrats à long terme avec leurs fournisseurs d’électricité (EDF, CNR -Compagnie Nationale du Rhône-…).


 

Industrie : inauguration au Laboratoire de recherche de Saint-Jean-de-Maurienne

DSC_0363Si le site de production d’aluminium de Saint-Jean-de-Maurienne a été cédé au groupe Trimet en 2013, le laboratoire de recherche est bien resté chez Rio Tinto, groupe Aluminium. Nous avons été conviés à inaugurer la nouvelle salle de contrôle des cuves du Laboratoire de Recherches des Fabrications (LRF).

Comment faire simple dans un univers compliqué ? Le marché mondial de l’aluminium est encore en crise. Les prix s’effondrent, les stocks gonflent, les nouvelles usines se font rares en dehors de la Chine où la production est en croissance, et tous les analystes prévoient un déficit de production d’ici quelques d’années… L’enjeu est donc de tenir en attendant des jours meilleurs et rémunérateurs pour les producteurs.

Un laboratoire en pointe mondiale
Dans ce contexte, la recherche et le développement trouvent toujours leur sens, et les laboratoires de Rio Tinto, groupe Aluminium restent en pointe. Dans l’aluminium, la moitié des effectifs de chercheurs du groupe mondial est en France (sites de Voreppe, Gardanne, et Saint-Jean-de-Maurienne). Centré sur le processus de fabrication, le LRF de Saint-Jean contribue depuis 1959 à l’amélioration technique, économique et écologique de la fabrication d’aluminium primaire (depuis le minerai ; le « secondaire » étant l’aluminium de deuxième fusion) pour le groupe Rio Tinto et pour ses clients.

Comment mieux soutenir le maintien industriel ?
L’invitation lancée à inaugurer la nouvelle salle de contrôle du labo a donc été l’occasion de faire le point. Dans la loi de finances 2016, nous avions déjà fait un gros travail sur le prix de l’électricité en France, pour les « hyper électro-intensifs » que sont Rio Tinto, Ferropem et les autres industriels fortement implantés dans nos vallées. Pour maintenir nos usines, nos emplois et nos compétences, il faut que nous ayions une énergie aussi près que possible des tarifs pratiqués dans d’autres pays, dotés d’hydroélectricité abondante, ou de gaz bradé…

En nous accueillant, Claude Vanvoren, vice-président “Technologie, Recherche et Développement” de Rio Tinto-groupe Aluminium a insisté sur ce problème : si, au nom de la concurrence, l’Europe est extrêmement vigilante en matière d’aides aux entreprises, d’autres pays ont moins de scrupules envers leur industrie locale. Et la Chine n’est pas la seule en cause !

Des améliorations, en attendant un saut technologique
Faute de débouchés immédiats sur de nouvelles technologies révolutionnaires, le LRF axe son travail sur des « briques » d’amélioration des procédés existants, afin d’améliorer la compétitivité des usines de Rio Tinto-groupe Aluminium d’abord. En attendant une meilleure conjoncture, ces « briques » assurent le maintien des 68 emplois du LRF.

Au LRF, chaque cuve est équipée de centaines de capteurs. L’analyse de ces multiples données est l’enjeu de la nouvelle salle de contrôle, d’où l’on pilote le réglage des cuves et toutes les opérations de production. « Les opérateurs sont intégrés dans le projet, et la salle est désormais au milieu des bâtiments de recherche, afin que nous puissions mieux faire circuler l’information » nous expliquait Sébastien Becasse, le responsable de la cellule “essais”. Avec un million d’euros d’investissements en 2015, le LRF maintient ses capacités, en attendant une nouvelle génération de cuves.

DSC_0346   DSC_0353   DSC_0348   DSC_0361


» Le marché mondial de l’aluminium :

Quelle que soit l’image que l’on en a dans une Savoie qui a perdu 4 de ses 5 usines de production (Calypso, La Praz, La Saussaz et Venthon ; il ne reste que Saint Jean de Maurienne), le marché de l’aluminium explose sur la planète. Il y a 50 ans, à l’âge d’or de nos usines savoyardes, la production mondiale était de 5 millions de tonnes. On était à 15 millions quand Venthon a fermé en 1993, à 20 millions en 2000 et à 45 en 2011.  En vingt ans, le marché a été bouleversé par l’apparition d’un producteur majeur (la Chine, qui aujourd’hui produit la moitié de la production mondiale) et de plus « petits » comme les usines du Moyen-Orient (basées sur une électricité issue du gaz local très peu coûteuse).

Vendu 2500 dollars la tonne en 2011, le métal ne se négocie plus qu’à 1500 aujourd’hui. Les stocks mondiaux sont passés de 4 à 14 millions de tonnes… sans que l’on puisse totalement séparer la mévente de la spéculation sur la remontée des prix, voire les stocks stratégiques développés par l’Etat chinois.

Beaucoup de sites travaillant aujourd’hui à perte, les projets de nouvelles implantations restent dans les cartons : d’une quinzaine en 2011, il n’en subsiste que 2, à Bahrein et au Vietnam.

» Un marché en évolution historique :

Après une sorte de partage du monde entre Français et Américains, via les technologies Héroult et Hall, du nom de leurs inventeurs, on a observé pendant une vingtaine d’années une prédominance de la technologie “AP” (Aluminium Pechiney). Puis, depuis dix ans, le retour d’une féroce concurrence, avec des technologies diversifiées, parfois fortement soutenues par des Etats hors de l’Union européenne.


Usines FerroPem : un avenir mieux assuré

En 2014, de vives inquiétudes pesaient sur les usines françaises du groupe espagnol FerroPem, dont le siège est à Chambéry, et deux usines à Montricher et à La Léchère en Savoie. Le prix de l’électricité était en cause, et le groupe FerroAtlantica travaillait depuis le début 2015 à l’implantation d’une importante usine au Québec, à Port Cartier. L’investissement de 382 millions de dollars vient d’être annulé, le groupe annonçant vouloir se renforcer désormais par «l’optimisation de ses infrastructures existantes, notamment européennes». Le marché mondial du silicium est en effet fortement marqué par l’évolution des capacités de production chinoises, qui vont probablement durablement jouer sur le bon équilibre du marché.

Si l’on ne peut se réjouir des déboires de nos amis canadiens, le retour du groupe sur ses sites historiques – et donc savoyards – est pour nous une bonne nouvelle. C’est sans doute aussi la conséquence du travail fait autour du prix de l’électricité pour les industries « électro-intensives » en France.

Je me suis depuis longtemps engagée dans ces démarches primordiales pour notre économie industrielle alpine ; les amendements techniques que j’ai déposés et qui ont été adoptés lors de l’examen de la loi de finances pour 2016 et de la loi de finances rectificative pour 2015 (lire notamment cet article) ont permis de redonner espoir aux investisseurs et aux salariés de ces usines. La France ne fait d’ailleurs que se mettre au même niveau que notre voisin allemand, qui, depuis des années déjà, a mis en place cette politique en faveur des électro-intensifs (ce qui lui a permis de conserver un grand nombre de ses usines…).


 

Budget 2016 : une étape de plus dans le soutien aux industries grosses consommatrices d’électricité

Au regard du contexte local très difficile sur certains sites savoyards, les amendements adoptés ce jeudi 12 novembre matin lors de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi de finances pour 2016 représentent une bonne nouvelle pour les industries électro-intensives, très implantées dans notre département. La mise en place d’un dispositif de “compensation carbone”, comme cela se fait déjà chez certains de nos voisins, permettra de verser aux entreprises bénéficiaires une aide d’un montant caractéristique du coût du carbone, lié au système européen d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre, incorporé dans le prix de l’électricité.

Alors que l’électricité peut représenter jusqu’à 30% des coûts de production du secteur, on mesure à quel point le coût de l’énergie dans ces filières est déterminant, entre autres facteurs, pour le maintien et le développement de l’activité économique à court et moyen termes.

D’après le Gouvernement, à l’origine du dispositif voté ce jeudi matin, cela représentera en 2016 une enveloppe totale de 93 millions d’euros pour les électro-intensifs (aluminium, chimie…). “Seront compensés les coûts supportés au cours de l’année 2015, à hauteur de 85 %, conformément à la limite communautaire“. L’aide représente pour les bénéficiaires un allègement de l’ordre de 3 €/MWh, soit une économie de l’ordre de 6 à 20 % de leur facture d’électricité, contribuant à leur compétitivité et au maintien de l’emploi.

Indexation sur le prix européen jusqu’en 2020
Autre bonne nouvelle : le sous-amendement que j’ai déposé au dispositif voulu par le Gouvernement va pérenniser cette aide pour les années suivantes jusqu’en 2020, au lieu de 2016 uniquement. Il permet de mettre en place une indexation de la “compensation carbone” pour les électro-intensifs en France sur le prix européen du carbone jusqu’en 2020. Ne pas indexer la compensation carbone française sur le prix européen créerait inévitablement un déficit de visibilité et de compétitivité par rapport aux concurrents allemands et mondiaux dès 2017. Alors que le Gouvernement avait exprimé un avis défavorable à mon sous-amendement, pour des raisons financières liées au montant global de l’aide, je me réjouis que celui-ci ait finalement été adopté en séance.

La balle est désormais dans le camp des sénateurs qui devront s’employer au maintien de ce dispositif lors de l’examen du projet de loi de finances par la Chambre Haute dans les semaines qui viennent.


Retrouvez ici mon communiqué de presse

Consultez l’amendement du Gouvernementle sous-amendement concernant l’indexation sur le prix européen, et un troisième que j’ai finalement retiré, portant sur d’éventuelles différences de traitement entre production internalisée et production externalisée.

Voir ci-dessous la vidéo des échanges en séance publique, et le compte-rendu écrit


Le Centre d’Ingénierie Hydraulique fête ses 25 ans sur le site de Savoie Technolac

DSC_4029Je me suis rendue ce lundi 15 septembre à l’inauguration de l’exposition « Quels clichés, quels chantiers » au Centre d’Ingénierie Hydraulique (CIH) d’EDF à Savoie Technolac. Cette exposition, organisée dans le cadre du 25ème anniversaire de l’installation du CIH sur le site, dont il est aujourd’hui une des entreprises de référence, a été l’occasion de mettre en lumière ses multiples activités en France et à l’international, et son expertise reconnue, dans le domaine de l’énergie hydroélectrique.

Les 950 salariés de l’entreprise, dont environ la moitié travaille dans les locaux savoyards qui en sont également le siège social, ont pour mission de gérer l’ensemble du parc hydraulique d’EDF. Ils travaillent à la maintenance et à la modernisation des installations existantes (622 barrages et 435 centrales auxquels EDF consacre 400 millions d’euros de son budget annuel) ainsi qu’à la construction de nouveaux ouvrages s’appuyant sur l’expertise et les innovations développées par ses ingénieurs, grâce notamment à plusieurs partenariats noués avec l’Université de Savoie et les autres entreprises que compte Savoie Technolac.

L’exposition inaugurée lundi dernier restera visible jusqu’au début du mois d’octobre ; elle revient en photos sur les chantiers les plus impressionnants qu’a eu à conduire le CIH depuis son implantation en Savoie, et sur les avancées permises par le travail de ses chercheurs et partenaires.

Après 25 ans d’une action en faveur du développement durable et d’une contribution majeure au dynamisme économique de notre territoire, cette exposition est venue concrètement nous rappeler que l’énergie hydroélectrique constitue l’une des composantes indispensables du processus de transition énergétique à engager et qui est au cœur de nos débats ces jours à l’Assemblée.

DSC_4021    DSC_4017    DSC_4014

Retour à la normale pour la “taxe sur la consommation finale d’électricité”

pyloneLa mesure peut paraître technique mais elle aura un impact réel sur les finances des petites et moyennes communes. Grâce à un amendement voté dans la loi de finances rectificative pour 2014 à la fin juillet, les villes de plus de 2000 habitants pourront à nouveau récupérer l’intégralité du produit de la taxe sur la consommation finale d’électricité (TCFE). Une décision sage et pragmatique quand on sait que la TCFE représente, selon les communes, plusieurs centaines de milliers d’euros, voire bien plus dans certains cas…

Plus précisément, cet amendement revient sur une mesure décidée six mois plus tôt à l’occasion du vote du budget rectificatif pour 2013. Cette disposition de la LFR 2013 (loi de finances rectificative) prévoyait en effet que les autorités concédantes -syndicats d’énergie et départements- puissent percevoir la part communale de la TCFE de l’ensemble des communes et intercommunalités qui en sont membres, et non plus seulement de celles de moins de 2000 habitants.

Cette suppression du seuil de 2000 habitants initialement mis en place par la loi NOME (“nouvelle organisation du marché de l’électricité“) de 2010, aurait entraîné une baisse des recettes communales, dans une situation des finances publiques déjà des plus contraintes.

 Retrouvez l’amendement au PLFR 2014

→ Le communiqué de l’APVF -Association des Petites Villes de France- à ce sujet