Visite du barrage de Génissiat à l’occasion de grandes opérations sur le Rhône

Ce vendredi 27 mai, j’ai été invitée, aux côtés de nombreux élus locaux, à visiter l’aménagement de Génissiat dans l’Ain, géré par la CNR (Compagnie Nationale du Rhône), à l’occasion d’importantes opérations de gestion des sédiments du Haut-Rhône.

Visite CNR Génissiat - 27.05 (14)Mobilisée sur les questions d’énergie dans notre région, et particulièrement sur la production d’électricité d’origine hydraulique, j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises les représentants de la CNR afin d’échanger sur ces problématiques et sur les enjeux du secteur. Leur modèle de gestion du Rhône et d’exploitation des centrales hydroélectriques, en lien avec les collectivités locales, est un modèle reconnu, performant et innovant, que j’ai eu l’occasion de défendre à plusieurs reprises lors de travaux au Parlement, à commencer par la loi sur la transition énergétique.

Du 19 au 31 mai se déroulent ce que l’on dénommait auparavant les « chasses suisses » : les vidanges du barrage de Verbois en Suisse menées depuis les années 1940 visent à prévenir le risque d’inondation de certains quartiers de Genève, du fait de l’accumulation de sédiments. La dernière fois, en 2012, ce sont des quantités exceptionnelles de sédiments qui ont été évacuées des retenues suisses : 2,6 millions de tonnes (trois fois plus qu’en 2003) ! Ces opérations ont bien évidemment des impacts importants sur la faune et la flore du fleuve en aval, et donc sur la partie française gérée par la CNR.

Rappelons que la Compagnie Nationale du Rhône, créée en 1933, gère 19 barrages et centrales hydroélectriques sur le Rhône et 21 plus petites centrales. (La compagnie s’est diversifiée avec les années vers l’éolien et le photovoltaïque, produisant aujourd’hui l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 6 millions d’habitants).

A la suite des « chasses suisses » de 2012, un nouveau mode de gestion des sédiments pour la période 2016-2026 a été élaboré pour limiter les risques sur l’environnement. Associant les trois exploitants industriels concernés le long du fleuve ainsi que les autorités des deux pays, les différents volets de la gestion sédimentaire procèdent d’un cahier des charges très strict pour l’environnement.

Plus de trois cents employés de la CNR, ainsi que des équipes de la DREAL, des experts de bureaux d’étude, de laboratoires d’université et des membres d’associations de protection de la nature, assurent tout au long des 10 jours de l’opération les mesures de suivi et d’analyse sur une soixante de points le long du fleuve.

Principal indicateur, le taux de matières en suspension dans l’eau est un facteur déterminant pour la biodiversité. Un ensemble de leviers (actions sur les barrages pour augmenter ou diminuer le débit, mise en place d’outils et de refuges piscicoles…) permet de moduler ce taux dans l’eau, et donc de diminuer, si besoin, l’impact sur les espèces protégées et la flore.

La présentation très complète du dispositif, par la CNR et par les autorités franco-suisses, lors de la visite du barrage était particulièrement intéressante. Je n’étais pas la seule ce vendredi matin à découvrir l’ampleur de cette opération et des investissements (financiers, humains, technologiques…) indispensables pour assurer la bonne marche du processus. Plus que jamais, la production d’électricité d’origine hydraulique, très présente également en Savoie, ne saurait s’accompagner de « dommages collatéraux » pour l’environnement. Je tiens à saluer un dispositif qui, avec les années, tend à prendre en compte l’ensemble des paramètres et à s’inscrire, ainsi, dans une démarche globale de développement durable.


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L’hydroélectricité au service de la transition énergétique

Alors que le Président de la République s’est engagé à réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité en France d’ici à 2025, et donc à amorcer ce qu’on appelle aujourd’hui la « transition énergétique », il est primordial d’envisager d’autres sources d’énergie, et de pousser au développement des énergies renouvelables (éolienne, solaire, hydraulique) en lieux et places des énergies fossiles, ainsi qu’à l’investissement dans de nouvelles formes d’infrastructures de production électrique de nature à pouvoir satisfaire les besoins en énergie de notre pays, tout en préservant la qualité de notre environnement.

C’est en ce sens que, en compagnie de Brice Wong, militant de l’énergie hydroélectrique, j’ai rencontré ce mercredi 20 août Francis Rol-Tanguy, conseiller au cabinet de Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable, et de l’Energie, chargé de l’énergie, du mix énergétique, des transports et de la mer. Avec lui, nous avons pu évoquer la question de l’apport de l’énergie hydraulique au processus de transition énergétique engagé.

Nous avons pu en particulier sensibiliser M. Rol-Tanguy à la question de la sauvegarde du barrage de Vezins, construit au début des années 1930 sur le fleuve la Sélune dans la Manche.  Il s’agit là de préserver et de moderniser les installations de cet équipement dont le précédent gouvernement avait décidé de la démolition, mais auquel la population locale est très attachée pour des raisons économiques, touristiques et patrimoniales. Nous avons défendu la position du dialogue et de la participation afin de trouver une solution qui permette à la fois de sauvegarder et de valoriser cette installation importante localement et d’optimiser son rendement énergétique et sa contribution à la production d’énergies renouvelables.

Par ailleurs, nous avons également évoqué avec M. Rol-Tanguy la problématique, également portée depuis plusieurs mois par Brice Wong, de l’aménagement du fleuve Maroni, situé en Guyane, dans le but de le rendre navigable et d’exploiter son potentiel hydroélectrique.

Nous avons su trouver un écho très favorable aux questionnements et propositions que nous sommes allés porter auprès du conseiller de la Ministre de l’écologie, en promouvant ainsi l’utilité des Stations de Transfert d’Energie par Pompage (STEP) et tout le rôle qu’elles peuvent jouer dans le processus de transition énergétique.