Chasse : améliorer les pratiques au profit de tous – Ma proposition au Préfet de Savoie

L’automne est la période de la chasse, et de beaucoup d’autres activités dans la nature, de la cueillette des champignons aux randonnées pour profiter des couleurs de la montagne. Chacun vit sa passion, profitant du cadre exceptionnel de nos départements savoyards.

dsc_4891-webAprès le drame terrible vécu dans le Semnoz l’an dernier, les Bauges viennent encore d’être citées dans les médias, avec un accident absurde, où un chasseur confond une biche avec un cheval… Que l’on soit simple citoyen fréquentant nos montagnes ou chasseur, ce genre d’accident étonne, inquiète et remet beaucoup de choses en question.

Je connais les efforts de formation et d’encadrement que font les sociétés de chasse. Je connais le sérieux de la très grande majorité des chasseurs, qui, à l’occasion d’évènements de ce genre, voient ruiné leur travail pédagogique de plusieurs années.

Je sais aussi le besoin et le plaisir que nous avons tous de fréquenter nos montagnes, et le besoin qu’ont nos montagnes de voir le tourisme se développer en toutes saisons. Là encore, ce genre d’accident est un frein à l’activité, la chasse étant, dans nos communes de montagne, une partie, mais seulement une partie des usages liés à la nature.

Il y a quelques mois, j’avais saisi Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, pour qu’un travail d’information soit fait auprès des préfets à partir de l’accord trouvé en Haute-Savoie entre chasseurs et pouvoirs publics. Après le drame de Quintal, tous avaient eu la sagesse de se retrouver autour d’une table, et d’aboutir à un compromis visant à mieux prendre en compte les spécificités de milieux montagnards périurbains, définissant ici des zones interdites à la chasse car trop fréquentées par d’autres usagers, et définissant ailleurs des horaires à même de garantir la possibilité de chasser en matinée, et l’absence de chasseurs à partir d’une certaine heure.

Après cet accident à La-Motte-en-Bauges, j’ai souhaité saisir directement le Préfet de la Savoie pour suggérer que nous puissions ici aussi faire ce travail, en concertation avec l’ensemble des parties prenantes, avec un objectif : organiser la cohabitation sereine et pacifiée entre des activités toutes légitimes, mais parfois difficilement compatibles.


» Mon intervention  auprès du Préfet de la Savoie, M. Denis Labbé, et les échanges de courriers avec la Ministre de l’Environnement, Mme Ségolène Royal


Interdiction des néonicotinoïdes : pour les abeilles, et pour notre santé

Le projet de loi sur la biodiversité revient à l’Assemblée. Avec 61 de mes collègues, nous voulons interdire les produits phytosanitaires contenant des néonicotinoïdes, très dangereux pour les abeilles, et donc pour l’ensemble du système végétal, dépendant de la bonne pollinisation qu’elles assurent.

DRIl y a un an, l’Assemblée nationale avait voté en première lecture l’interdiction des produits phytosanitaires contenant des néonicotinoïdes. Sans doute influencés par quelques lobbies industriels, les sénateurs sont revenus sur cette interdiction. Alors que commence la deuxième lecture du texte au Palais Bourbon, l’enjeu est donc de faire de nouveau voter l’assemblée sur ce chapitre si important pour l’avenir de la biodiversité, voire même pour le maintien de l’agriculture et la sécurité à long terme de l’alimentation humaine.

Depuis longtemps, des études scientifiques réalisées dans les horizons les plus divers alertent sur la dangerosité des produits néonicotinoïdes. L’industrie chimique avait trouvé là un produit terriblement efficace : 5 à 10 000 fois plus toxique que le “DDT”, se diffusant dans l’intégralité de la plante, et persistant plusieurs années dans le sol. Ces pesticides sont désormais parmi les plus retrouvés dans les eaux françaises, et tous les essais de réduction des risques en modifiant les méthodes d’aspersion ont montré leurs limites. Le seul moyen de contrer la diffusion de ces produits est désormais de les interdire.

La crainte pourrait être une baisse sensible des rendements agricoles : dans les pays qui ont interdit les néonicotinoïdes (Allemagne depuis 2008 par exemple), il n’a pas été constaté d’impact négatif sur les rendements. Des alternatives existent.

Cosignataire de l’amendement 556 en Commission du Développement durable, je vais donc de nouveau voter pour l’interdiction de ces produits dès le 1er janvier 2017. Ce sera un grand pas pour notre environnement, et pour les apiculteurs français, qui depuis des années voient leurs ruches se dépeupler sous l’effet toxique de ces pesticides atteignant autant les abeilles que les parasites initialement visés.


» Retrouvez cet amendement ici. L’examen en Commission du Développement durable devrait être mercredi 9 ou jeudi 10 mars. A suivre sur ce lien