A Tournon, Cruet, Sainte-Hélène-sur-Isère…, visites de plusieurs exploitations agricoles durement touchées par le gel

Suite aux fortes gelées de la semaine dernière, je me suis rendue ce vendredi après-midi sur plusieurs exploitations arboricoles sur le secteur de Tournon et de Sainte-Hélène-sur-Isère.

En échangeant avec les agriculteurs et constatant de visu les dégâts, l’objectif était de bien comprendre les conséquences de ces évènements météorologiques sur l’équilibre des exploitations. Je pourrai ainsi mieux relayer les demandes du monde agricole auprès de la Préfecture et des services de l’Etat. De même, j’ai rendu visite à un viticulteur-pépiniériste de Cruet, victime des mêmes gelées.

Les échanges m’ont aussi permis de faire le point sur les méthodes de lutte contre les calamités naturelles (du gel à la grêle…), en analysant les conséquences environnementales, économiques et réglementaires des dispositifs possibles. On sait à quel point de telles chutes de grêle et épisodes de froid marqué peuvent ruiner tout un travail : le soutien en tant que parlementaire est indispensable pour tous nos exploitants agricoles touchés…


Dégâts importants sur les pommiers. Ici, le futur fruit est noirci au cœur et va tomber.

Déjà formées, les cerises ont été noircies par le gel.

 


D’un “projet” à un “chantier” : retour sur 5 ans d’avancées pour le Lyon-Turin

Si une dizaine d’années seront encore nécessaires pour que les premiers wagons empruntent ses rails, c’est que le projet de nouvelle ligne ferroviaire entre Lyon et Turin est, à l’image du Mont-Cenis en son temps, un projet d’une envergure et d’une portée qui dépassent de loin notre département et notre génération. Un projet structurant pour les vallées alpines, pour la France et l’Italie, pour le continent européen, grâce aux modes de communication facilités qu’il engendrera, et aux bénéfices économiques et environnementaux qu’il a commencé à faire naître.

Les cinq dernières années auront vu un grand nombre d’avancées, faisant entrer le projet Lyon-Turin dans une phase concrète de travaux des deux côtés des Alpes. Si le chantier est désormais effectif, c’est que la grande majorité des acteurs -élus de tous bords, associations, Etats et acteurs économiques-, ont poussé ensemble dans cette direction.

Accords franco-italiens lançant officiellement les travaux, début du percement du tunnelier côté français, cadre juridique renforcé, précision et sécurisation du financement sur 10 ans avec un concours européen majeur et des financements propres pour la France (mise en place d’une “Eurovignette” poids-lourds, financements dédiés du Fonds de Développement d’une Politique Intermodale des Transports dans le Massif Alpin (FDPITMA)…), pérennisation de l’autoroute ferroviaire alpine et projet d’extension à l’Est lyonnais, lancement des accès côté français… Le Premier Ministre, Bernard Cazeneuve, a fait le point sur l’ensemble des avancées au cours de cette mandature et de la situation du Lyon-Turin dans un courrier adressé à la mi-avril à Louis Besson, président de la Délégation française de la CIG (Commission intergouvernementale) franco-italienne pour la nouvelle liaison ferroviaire Lyon-Turin et dont la presse locale s’est faite l’écho récemment.

» Retrouvez ce courrier en cliquant sur ce lien


 

Comice agricole des Bauges : l’agriculture locale à l’honneur !

Dimanche dernier, le 23 avril, s’est tenu, au Châtelard le Comice agricole des Bauges. L’occasion de mettre en valeur -et de soutenir !- les exploitants, leurs élevages et les nombreux produits qui représentent les Bauges et participent de son identité.

Aux côtés de nombreux élus locaux -Catherine Chappuis, Albert Darvey, mais aussi Philippe Gamen et Pierre Hémar notamment-, j’ai assisté sur le Pré de Foire du Châtelard au Comice de cette année : un millésime très réussi pour lequel plus de 220 vaches de près de trente exploitations concouraient, seules ou en équipe de 4, pour être élue(s) reine(s) dans leur catégorie. J’avais déjà eu la chance ces dernières années de rencontrer plusieurs exploitant.e.s, dans les Bauges ou lors du Salon de l’agriculture à Paris, et de me rendre compte à chaque fois de l’excellence et de la maîtrise d’exécution des meneurs.

Heureusement, il n’y en avait pas que pour les (belles) Tarines et Abondances : le Comice a aussi servi de vitrine aux nombreuses autres productions agricoles de qualité dans le Massif, à commencer par ses fromages, Tome des Bauges, Margériaz…

Une belle journée comme celle-là ne peut pas faire oublier les difficultés du monde agricole et la mobilisation des élus doit être constante pour permettre de prendre en compte les spécificités de l’élevage de montagne. Par exemple, les dispositifs que j’avais défendus à l’automne dernier, avec plusieurs parlementaires, pour faire baisser les cotisations sociales liées au coût de la collecte de lait en montagne et en zones rurales, sont une étape positive qu’il faut encore approfondir. Et surtout, le décret lié à la loi Montagne, pris par le Gouvernement en septembre dernier, est une avancée pour nombre d’exploitations en altitude : en permettant aux associés de GAEC d’avoir un nombre d’heures maximal beaucoup plus conséquent pour une seconde activité professionnelle l’hiver, il vient en soutien aux pluriactifs et à toute l’agriculture de montagne.

       


 

Autoroute Ferroviaire Alpine : confirmation des avancées par le Premier Ministre

C’est un dossier majeur pour nos vallées polluées : transférer sur les trains le maximum de camions (“ferroutage”) pour permettre le « report modal » de la route vers le rail du trafic de marchandises.

Dans un premier temps sur la ligne historique du Mont-Cenis. Mais l’expérimentation de l’Autoroute Ferroviaire Alpine (AFA) depuis Aiton trouve ses limites dans le court trajet entre Aiton et Orbassano, et dans le fait que les camions traversent quand même nos agglomérations savoyardes !

Depuis mon élection en 2012, j’ai interrogé à plusieurs reprises le Gouvernement, pour m’assurer que le dossier avançait bien, tant en France qu’en Italie. Le Premier Ministre, Bernard Cazeneuve, vient de confirmer le lancement le mois prochain de la consultation pour trouver un nouvel opérateur pour les prochaines années, avec extension si possible de l’AFA jusqu’à la région lyonnaise.

Dans un second temps, et comme cela se fait en Suisse, l’AFA trouvera sa pleine utilité et sa totale efficacité dans un passage sous le tunnel de base du Lyon-Turin. Pour autant que les Français choisissent un Président de la République qui veuille respecter les engagements internationaux de la Nation, et qui n’arrête pas un chantier si important pour nos vallées et pour la Savoie. Personnellement, ce sujet est aussi un axe fort de mon choix le 23 avril en faveur d’Emmanuel Macron.

Retrouvez ci-dessous mon communiqué en date du 13 avril, suite au courrier que le Premier Ministre m’a fait parvenir.

L’Autoroute ferroviaire alpine passe la seconde !

Dans un courrier daté du 12 avril, Bernard Cazeneuve, Premier Ministre, me confirme que l’autoroute ferroviaire alpine (AFA) sera bien confortée et rendue plus opérationnelle dès l’an prochain. Avec plusieurs avancées notables :

  • le lancement dans les jours qui viennent de l’appel d’offres pour la mise en concession de ce service dans sa dimension pérenne et non plus expérimentale ;
  • l’implantation à Vénissieux d’une nouvelle plate-forme d’embarquement des poids-lourds ;
  • enfin, le doublement du nombre de sillons mis à disposition de l’AFA.

Cette étape de plus est un préalable indispensable au développement du ferroutage et à la diminution drastique de la pollution atmosphérique dans nos vallées alpines de Savoie et de Haute-Savoie. C’est une bonne nouvelle pour nos territoires, et une mesure concrète pour soutenir le report modal des marchandises de la route vers le rail !

PJ : Courrier de Monsieur le Premier Ministre Bernard CAZENEUVE


 

Sur le terrain dans notre circonscription – Journée Nationale du Cœur, et déplacement de la championne du monde de karaté

Comme souvent, l’association des “Opérés du Cœur et Malades cardiaques de Savoie” avait parfaitement réussi sa mobilisation à l’occasion de la Journée Nationale du Cœur. En ce dimanche 2 avril, la salle de la Forgerie à Cognin rassemblait pas mal de monde, de nombreux élu.e.s parmi lesquels le Maire de la commune, Florence Vallin-Balas, et le premier adjoint, Franck Morat, ainsi qu’un invité de renom, l’athlète Christophe Lemaitre, venu apporter son soutien à cette cause. Les enjeux ? Soutenir les malades, et développer la prévention des risques cardio-vasculaires.

 


 

Déplacement en Savoie de la championne (de France en 2015, et du monde en 2012 !) de karaté, Nadège Ait-Ibrahim, invitée le 1er avril dernier par le Comité de Savoie et le Sporting Karaté Club de Cognin. Les nombreux jeunes -et moins jeunes- présents ont pu échanger et s’entrainer avec l’athlète au gymnase du Levant à Cognin. Ainsi qu’avec les compétiteurs du Karaté Club des Aillons, structure très dynamique qui compte dans ses rangs l’étoile montante Angélique Ginollin. Je suis très heureuse d’avoir pu contribuer au financement de leurs activités au moyen de la réserve parlementaire.

 


 

Débats d’actualité à l’assemblée générale de France Alzheimer Savoie

J’ai participé, samedi 1er avril, à l’assemblée générale de l’association France Alzheimer Savoie, au CHS de Bassens. L’occasion d’entendre les demandes exprimées envers les candidats à la présidence de la République, et de débattre d’un sujet de plus en plus présent pour les familles, les aidants et la société en général.

La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées sont des maladies insidieuses. On ne se réveille pas un matin avec la maladie : elle s’installe chez vous pas à pas, squattant votre cerveau, votre vie et vos actions sans en avoir l’air. Les malades plongent tout doucement, leur entourage aussi, sans qu’il soit aisé de déterminer à quel moment le déclin a commencé… Depuis plus de 30 ans, France Alzheimer fédère des associations départementales, qui assurent des formations pour les aidants, les familles, permettant soutien, accompagnement, et séjours de répit. J’ai écouté avec attention les témoignages de proches de malades, sur ce que l’association leur apporte au quotidien.

Grâce à la lutte efficace contre d’autres maladies, le vieillissement de la population augmente d’année en année le nombre de personnes atteignant l’âge où les maladies dégénératives frappent. 900 000 personnes sont aujourd’hui atteintes en France, mais toutes ne sont pas diagnostiquées.

Remboursement des médicaments ?

Un des points soulevés dans le questionnaire réalisé dans le cadre de la campagne de l’élection présidentielle portait sur le maintien du remboursement total  des médicaments contre cette maladie. La HAS, la Haute Autorité de Santé, en propose le déremboursement, ces médicaments n’ayant pas prouvé leur efficacité, alors que le coût annuel pour l’assurance-maladie est d’environ 150 M€. France Alzheimer milite pour le maintien du remboursement, notamment parce que ces traitement faciliteraient l’acceptation du diagnostic, et donc le suivi du malade et de son entourage, la mise en place de parcours de soins et d’aides coordonnés. La maladie touchant essentiellement des gens très âgés, les aidants familiaux sont souvent eux aussi très âgés, et s’épuisent avant le malade.

Au-delà du problème du remboursement des médicaments, l’association insiste sur l’urgence que nous avons à investir dans la recherche sur ces maladies dégénératives, et sur le développement de structures d’accueil, permanent ou temporaire, et de dispositifs de soins et d’accompagnement des familles.

Si je m’interroge sur le fait qu’il faille maintenir le remboursement de médicaments lorsqu’ils n’ont pas prouvé leur efficacité clinique, le débat doit toujours être ouvert de manière sereine et complète. Je partage les demandes de l’association quant à l’investissement public et sociétal indispensable pour les parcours de soin, le soutien des malades et de leurs familles, qui ont si souvent un grand sentiment de solitude face à une maladie portant atteinte à la personnalité même d’un être cher. Les accueils de jour doivent être tout particulièrement soutenus, et les aidants accompagnés dans la décision de confier leur proche, même sur une courte durée, décision toujours délicate.

Au-delà du problème des médicaments, j’ai insisté sur le travail réalisé durant ce mandat, par exemple sur la création du congé du proche aidant, ou sur les crédits d’impôts désormais accordés à tous pour les aides à domicile, si indispensables lorsque la personne perd une part de son autonomie.

L’émotion transmise

A l’issue de l’assemblée générale, un court métrage consacré à la maladie a été diffusé : interprété par Marina Vlady et Jean-Claude Deret (décédé depuis), ce film particulièrement émouvant d’Olivier Fely-Biolet s’intitule “L’air d’un oubli“. Un film plein de sensibilité, où la maladie est évoquée par petites touches par un réalisateur qui d’évidence connait bien ce mal. Cette émotion était une sorte de reconnaissance et de remerciement pour tous les bénévoles qui accompagnent malades et familles.


 

Cyclisme – Chambéry en tête de peloton

Avec “France Cyclisme” (l’équipe pro AG2R) et “Chambéry Cyclisme Formation” (CCF), le bassin chambérien abrite des outils d’une exceptionnelle qualité, comme vient de le constater une délégation de parlementaires amateurs de vélo invités par le partenaire des équipes à faire le tour des installations ce mercredi 22 mars.

Pesez-moi ça”… D’une main surprise, les visiteurs soupèsent un cadre de vélo des professionnels de l’équipe AG2R La Mondiale. Poids plume pour une équipe devenue un poids lourd du cyclisme mondial. Pendant qu’une délégation de sénateurs et de députés visitent les locaux de La Motte-Servolex, les coureurs sont en Catalogne ou en Flandres. Il y a 25 ans, Vincent Lavenu parvenait à monter la première équipe professionnelle basée à Chambéry : l’équipe Chazal, devenue ensuite Casino, puis AG2R La Mondiale depuis l’an 2000.

Entrée dans l’élite mondiale en 2006, l’équipe a offert à la France de belles occasions de reprendre espoir dans un cyclisme renouvelé : la victoire de Christophe Riblon à l’Alpe d’Huez en 2013, puis les podiums de Jean-Christophe Péraud et de Romain Bardet en 2014 et 2016 ont montré que la persévérance déployée par l’équipe rassemblée autour de Vincent Lavenu pouvait être payante. France cyclisme est aujourd’hui une entreprise composée de 30 coureurs et de 45 personnels techniques et administratifs, pour un budget annuel de 14,5 M€. “Les partenaires sont indispensables, car le cyclisme est un sport gratuit, sans stade, sans droits télé…“, souligne Vincent Lavenu.

La formation en réserve
La réussite de l’équipe AG2R repose aussi sur une autre entité : Chambéry Cyclisme Formation (CCF), l’école qui forme des coureurs sur les hauts des Monts, toujours à Chambéry, dans des locaux mis à disposition par la municipalité de Louis Besson. L’aventure a commencé en 2002, en s’inspirant des centres de formation existant dans le rugby ou le hand -un sport (re)connu à Chambéry !-, et avec la volonté de construire un autre cyclisme après les affaires “Festina” (et autres…) de la fin des années 1990. “Nous voulions transmettre des valeurs, et offrir aux jeunes cyclistes de 18 à 22 ans des conditions d’études leur permettant d’allier sport et préparation d’une vie professionnelle ultérieure“, explique Loïc Varnet, le directeur de CCF. 37% des élèves sont passés professionnels ; ce qui veut dire que 63% n’ont pas pu aller plus loin dans leur rêve sportif. Mais tous, à vingt ans comme à trente, ont besoin de pouvoir se reconvertir et d’assurer une autre carrière que le vélo. “Nous formons des hommes équilibrés“. C’est important, y compris durant la carrière sportive.

La réussite de “Chambéry Cyclisme Formation” est évidente : l’équipe sportive est en DN1 (division nationale 1) de la Fédération Française de Cyclisme depuis 2007, et a été classée premier club français en 2016 (sur 2500 clubs !). Les six élèves d’une promotion restent trois ans, suivent des formations aux horaires adaptés, dans les divers domaines présents sur le pôle universitaire de Chambéry-Technolac. C’est d’autant plus compliqué à mettre en place que le vélo comme les cours se pratiquent le jour et en même temps. Les plannings sont donc très serrés, la discipline aussi, mais le CCF est très demandé : à la rentrée 2016, il y avait 66 candidats pour six places, des candidats issus de 24 pays et de 4 continents !

Equipe réserve de l’équipe pro “AG2R”, le CCF est aujourd’hui l’une des plus belles portes d’entrée vers le professionnalisme, avec 10 de ses anciens élèves courant sous les couleurs d’AG2R. France cyclisme assure d’ailleurs la moitié du budget annuel, les subventions publiques et des recettes propres apportent le reste. L’an dernier, j’avais d’ailleurs attribué une réserve parlementaire à CCF : une manière de marquer la réussite d’une expérience chambérienne.


Casques et vitres teintées

Au-delà du Pacte de performance signé en 2014 par le Ministre des sports pour faciliter l’accès des sportifs de haut niveau au monde de l’entreprise, l’action dans ce domaine ne se limite pas à la compétition.

En tant que parlementaire, je suis membre du Club des parlementaires pour le vélo, et nous avons durant ce mandat obtenu, entre autres, la mise en place d’une indemnité kilométrique vélo, permettant aux salariés qui vont au travail par ce moyen de voir prise en charge une partie de leurs frais. Les cyclistes ont aussi contribué à la nouvelle législation contre les vitres teintées à l’avant sur les voitures (les forces de l’ordre veulent voir qui est dans le véhicule, mais les cyclistes veulent aussi et surtout savoir si le conducteur les a vus, le contact visuel étant essentiel à la sécurité du cycliste urbain).

L’obligation du port du casque pour les enfants de moins de douze ans est aussi une mesure en faveur de la sécurité des plus jeunes. Mais, à l’instar de la Fédération française des Usagers de la Bicyclette (FUB), je pense que cette mesure doit s’accompagner d’une obligation de l’apprentissage du vélo, de la conduite et du code de la route, dans les écoles primaires. Un travail à poursuivre lors de la prochaine étape parlementaire !


 

Loi Montagne : assurer le SAV, “service après vote”

Ce lundi 20 mars, le Conseil National de la Montagne s’est réuni à Bourg d’Oisans en Isère pour donner son avis sur divers décrets d’application de la loi Montagne.

A peine réélu président de la commission permanente du Conseil National de la Montagne (CNM), mon collègue haut-alpin Joël Giraud a présenté cette séance du CNM comme celle d’un “SAV”, un “service après vote”, où les élus qui se sont engagés pour construire la nouvelle loi Montagne s’assurent que les décrets sont bien pris en temps et en heure, et en respectant l’esprit des débats parlementaires. Il est aussi revenu sur tout le travail fait en annexe par un petit groupe dont je suis membre, notamment avec la Ministre du Travail, sur la situation des travailleurs saisonniers.

Présidant la réunion, Jean-Michel Baylet, Ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, a rappelé que la loi votée en décembre 2016 était, avant tout, issue des propositions du rapport que j’avais rédigé en 2015 avec la députée jurassienne Annie Genevard. Comme Joël Giraud, le ministre tenait à terminer la mandature sur une loi proprement bouclée, avec tous les décrets d’application rédigés et publiés.

Pour cet exercice de rapidité auquel n’ont pas droit toutes les lois, l’avis du CNM était indispensable sur un certain nombre de textes. Nous avons donc consacré l’essentiel de cette réunion du Conseil National de le Montagne française à Bourg d’Oisans à débattre des sujets les plus simples ou les plus difficiles afin que les décrets puissent être publiés rapidement.

Pour les saisonniers
Au-delà des questions légitimes sur la représentation du milieu associatif au sein du CNM ou dans les comités de massif (mais il faut bien prévoir une limite au nombre de membres des instances !), nous avons approuvé des textes touchant concrètement le monde de la montagne, ses salariés et son activité économique dans un univers naturel particulier.

Je suis intervenue sur le double sujet de l’activité partielle dans les régies de remontées mécaniques (un dispositif favorable aux salariés, promulgué dans la loi du 28 décembre 2016, mis en application dans certaines stations dépourvues de neige dès le 1er janvier !), et sur le principe de reconduction des contrats saisonniers d’une année sur l’autre. Les branches professionnelles ont ouvert la discussion, mais la loi a borné la durée des débats internes : si aucun accord n’est trouvé, l’ordonnance s’appliquera dès le 8 mai prochain.

Tout en approuvant le principe de ces mesures, les représentants des syndicats ont regretté qu’il y ait une phase d’expérimentation sur les régies. Une expérimentation qui s’explique avant tout (sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres…) par l’impossibilité pour les parlementaires de déposer des amendements créant de nouvelles dépenses publiques (l’article 40 de la Constitution n’autorise de nouvelles dépenses qu’à l’initiative du Gouvernement). L’expérimentation se révèle de fait un moyen de contourner provisoirement cette contrainte de la vie parlementaire. Si l’expérimentation fonctionne, et que le gouvernement la reprend à son compte, alors la mesure devient définitive.

Aménagement en montagne
Comme lors des débats parlementaires, les aménagements en montagne (et notamment ceux dépendants des UTN, unités touristiques nouvelles) ont été les sujets les plus débattus lors de ce CNM. Une première version des décrets et des seuils applicables pour les divers types d’aménagements avaient alerté beaucoup d’élus et de professionnels. Des rencontres de travail avec le ministère ont permis d’adoucir les angles, et de trouver de nouveau un consensus sur les seuils des UTN “locales” ou “structurantes”. Le projet de décret a obtenu l’unanimité du CNM, à l’exception du représentant de DSF (Domaines Skiables de France) qui s’est abstenu.

Servitudes estivales
Je suis aussi intervenue sur les servitudes estivales, pendant des servitudes hivernales imposées pour l’utilisation des pistes de ski. L’application de ce principe utile au tourisme sur quatre saisons peut poser des problèmes aussi bien au monde agricole qu’aux stations ; le Ministre a rappelé publiquement que les dispositions votées dans la loi sont d’application immédiate, mais qu’un travail de calage est aujourd’hui en cours avec le ministère de l’Intérieur. Je serai donc vigilante sur ce dossier, pour que chacun y trouve son compte pour faciliter la fréquentation de nos stations sans nuire à une agriculture qui a aussi besoin de cette fréquentation touristique, et qui est indispensable à l’entretien de la montagne et à la préservation de nos paysages.

     


 

Théâtre solidaire à Chambéry

Comme chaque année, la compagnie de Cognin du “Théâtre pour rire” a donné une série de représentations dont les recettes sont destinées aux actions de solidarité de la Cantine savoyarde. La comédie Paul m’a laissé sa clé a ainsi été jouée à plusieurs reprises dans l’agglomération, dont quatre fois au Théâtre Charles Dullin à Chambéry. Ce dimanche 19 mars, lors de la dernière représentation de la pièce, j’ai pu me rendre compte de l’engouement du public pour cette belle initiative, associant culture et humanisme.

L’association La Cantine savoyarde va ainsi bénéficier de ces sommes au profit de son “restaurant humanitaire” et des actions d’insertion qu’elle mène auprès des plus démuni.e.s. Les besoins étant croissants, j’avais moi-même tenu à contribuer -modestement- au cours des dernières années, au fonctionnement de cette structure via ma « réserve parlementaire ».

   


 

Vie étudiante – Un 19ème Tour du Monde au Manège à Chambéry en fanfare !

Je me suis rendue vendredi dernier, le 17 mars, au lancement officiel de la 19ème édition du Tour du Monde au Manège. Une manifestation devenue centrale, au fil des ans, pour les Chambérien.ne.s et les nombreux étudiant.e.s étrangers qui viennent pour quelques temps dans notre département. Co-organisé par la Ville de Chambéry, l’Université Savoie Mont Blanc, en collaboration avec l’IAE Savoie Mont Blanc, l’ISEFE et l’INSEEC, cet évènement est devenu incontournable dans l’agenda savoyard !

Si cette édition a mis à l’honneur le Mexique, ce sont plus de 40 nationalités qui étaient représentées et ont su mettre en lumière leur(s) culture(s) d’origine. Après la visite inaugurale de l’ensemble des stands, je suis passée plus particulièrement à celui des étudiants népalais. En tant que présidente du groupe d’amitié France-Népal de l’Assemblée nationale, c’était l’occasion d’en savoir un peu plus sur leur cursus, les conditions d’études et de vie dans la capitale savoyarde, les difficultés, aussi, qu’ils ont pu rencontrer…

Un Tour du Monde très réussi avec un public au rendez-vous ; une chance de plus, aussi, de souligner -si jamais cela était encore nécessaire…- l’excellence de notre université et des établissements d’enseignement supérieur savoyards qui ont su développer des accords à l’international et accueillent aujourd’hui, sur leurs différents sites, de très nombreux étudiants étrangers. Autant de jeunes qui deviendront ensuite des “ambassadeurs” de Chambéry et de la Savoie dans le monde entier !

Rendez-vous est pris l’an prochain pour un 20ème Tour du Monde à Chambéry, qui portera, cette fois, l’Inde à l’honneur !


Soutien aux territoires ruraux et de montagne – La loi Montagne permet aux communes savoyardes classées en “zone de revitalisation rurale” de continuer à bénéficier des aides

La loi de finances rectificative de 2015 a entériné une réforme des “zones de revitalisation rurale” (ZRR) qui entrera en vigueur le 1er juillet prochain. En modifiant les critères de ce dispositif, la loi a changé de manière conséquente la carte des communes bénéficiaires en France, comme dans notre département. Mais la loi Montagne promulguée le 28 décembre dernier, dont j’ai été la co-rapporteure, va permettre aux communes de montagne de rester bénéficiaires de ce dispositif.
Pas de changement donc pour les 35 collectivités savoyardes concernées, et a fortiori celles du Massif des Bauges dans ma circonscription.

“ZRR”, kézaco ?
Créé en 1995, le dispositif des “zones de revitalisation rurale” vise à soutenir le développement des territoires ruraux et de montagne en allégeant, voire supprimant les cotisations sociales et l’impôt des entreprises qui s’y trouvent. De même, les ZRR donnent droit à une majoration de dotation pour les communes classées.

Sur la base d’un rapport de députés de la majorité et de l’opposition, la réforme de 2015 a ajusté les critères de sélection donnant droit au dispositif de ZRR : en plus du critère de faible densité, le critère du revenu par habitant entre désormais en jeu afin de “cibler les territoires à la fois les plus ruraux et les plus en difficulté d’un point de vue social et économique“, selon les termes employés par le Ministre de l’Aménagement du Territoire dans le courrier qu’il m’a adressé début mars (ci-dessous).

Concrètement, il n’y aura pas moins de territoires bénéficiaires au plan national, mais pas mal d’entrées et de sorties : 3063 communes sortent du classement, pour 3657 qui vont en bénéficier. Et en Savoie, les 35 communes « ZRR » allaient sortir du dispositif…

Un soutien prolongé grâce au vote de la loi Montagne
La loi de modernisation, de développement et de protection des territoires de montagne a heureusement corrigé le tir : l’article 7 -adopté suite à un amendement déposé par l’ensemble des groupes parlementaires à l’initiative de l’Association nationale des élu.e.s de la montagne (ANEM)- va en effet permettre aux 1011 communes de montagne devant sortir du classement “ZRR” de continuer à bénéficier pendant trois ans de ces aides.

Une bonne nouvelle donc pour les 35 communes concernées dans notre département (principalement du fait des niveaux des revenus médians qui sont supérieurs au nouveau critère, mais aussi dans les cas de fusion avec des intercommunalités urbaines denses). Les 14 communes des Bauges dans la 4ème circonscription dont je suis l’élue sont dans ce cas. Vu l’impact positif que le classement “ZRR” a pu avoir sur l’embauche et le développement de certaines entreprises que j’ai rencontrées et qui m’ont évoqué le sujet à plusieurs reprises, je mesure toute l’importance de continuer à bénéficier de ce soutien. Tout comme de nombreux élus municipaux baujus m’ont sollicitée plusieurs fois en faveur du maintien de ce dispositif…

Nouvelle organisation, nouveaux enjeux
Bien évidemment, il ne s’agit pas de prolonger ce dispositif sans vision à plus long terme après 2020. De nouveaux critères, pour ces secteurs ruraux et de montagne désormais intégrés dans des agglomérations, doivent être définis. C’est tout l’enjeu de la réflexion qui doit se poursuivre dans les prochains mois et que le futur législateur devra concrétiser.


» Retrouvez sur ces liens le courrier reçu du Ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales sur la réforme globale des zones de revitalisation rurale, ainsi qu’une note plus précise sur ses conséquences en Savoie.


 

La culture n’est pas utile : elle est indispensable

L’âme et l’esprit de la France se sont forgés, pas à pas, en grand partie sur la culture. Une culture avec toutes ses facettes, agitée depuis toujours des querelles des “anciens” et des “modernes”, les créateurs irritants du jour devenant la plupart du temps les classiques de demain.

Au cours des dernières décennies, cette culture a été portée avec force par des ministres tels qu’André Malraux ou Jack Lang. Des maisons de la culture dans les années 1960 aux grandes scènes nationales en passant par les MJC et de multiples espaces de création, la culture s’est diffusée partout, et notamment à Chambéry. Au-delà de la diffusion, la plus grande attention doit aussi être portée à la création, qui seule assure le renouveau permanent.

La culture dérange, agace ? Elle est un peu faite pour cela ! Et c’est justement cela que certains semblent ne pas tolérer. Dans nos villes, dans notre belle région Auvergne-Rhône-Alpes, la droite revenue aux commandes s’en prend systématiquement à la culture. Aux budgets des grandes institutions, toujours et systématiquement jugées trop élitistes et gourmandes. A la diffusion sur le terrain, qui touche tant de petites compagnies, a fortiori les amateur.e.s. A la création, certes parfois déconcertante, mais qui se souvient des œuvres des cireurs de pompes des siècles passés ? Flaubert, Baudelaire, Beaumarchais eurent maille à partir avec la justice de leur temps et figurent aujourd’hui dans les bibliothèques des gens tout à fait respectables… Certains s’avouent même insensibles à la musique. Comment comprendre les autres sans émotion, sans partage de sentiments ?

Cette attaque de la culture, souvent voilée d’imparables prétextes budgétaires, survient dans une période trouble. Le peu qu’il reste de politique culturelle dans ces exécutifs de droite s’enferme souvent dans une vision étriquée du monde, de notre passé, de notre avenir. On folklorise pour s’enraciner, et surtout pour refuser un apport étranger, alors qu’un arbre vigoureux vit certes de ses racines, mais surtout de tout ce qu’il puisse d’étranger dans le sol, qu’il assimile pour faire son bois et sa force.

Les réseaux sociaux et les médias d’information en continu nous ont emmenés dans un univers de la réaction immédiate et épidermique, sans la moindre distance. Or c’est justement cette distance que diffuse la culture, la confrontation réfléchie avec d’autres visions du monde.

J’ai assisté récemment à un match de théâtre d’improvisation entre des collégiens chambériens et albertvillois, à la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) de Chambéry. C’était un vrai travail de la part des élèves, avec un accompagnement épatant des équipes pédagogiques. C’était une réflexion, une présence et un engagement physique qui prouvaient tout l’intérêt d’une culture active, en complément d’une culture de spectateur.

C’était aussi une belle image de notre société, où d’aucuns aimeraient s’entourer de spectateurs passifs, applaudissant sur commande, alors que nous avons besoin de créateurs, d’esprits ouverts et engagés pour toujours changer et développer nos sociétés humaines.

Au cours de ce mandat législatif, et malgré des périodes difficiles, le budget du Ministère de la culture sort renforcé en fin de mandat. Le dossier de l’assurance-chômage des intermittents, dont on fait tant de cas, a bien avancé, en maintenant un régime capable de s’adapter à l’imprévisibilité et aux “hasards” inhérents à la profession. Dans un tout autre domaine, j’ai milité tout au long de mon mandat pour le statut des saisonniers en montagne. J’ai le sentiment d’avoir obtenu des avancées pour nos saisonniers de la neige. La culture est dans le même esprit : un travail intermittent, hors des cadres traditionnels, et qui par principe ne peut s’enfermer dans une règle stricte… Soyons innovants et capables de sortir des sentiers battus !

La culture n’est pas utile : elle est indispensable. Le recroquevillement politique n’est pas une politique d’avenir. L’avenir c’est la création. L’avenir s’invente, pas toujours avec les recettes d’hier. La création, sa diffusion, la médiation culturelle donnent des bases solides à ceux qui osent. La France a cette chance d’avoir encore ici et ailleurs l’image d’un pays d’aventuriers de l’esprit, capable(s) de faire rêver. Dans les livres ou dans les jeux vidéo, au cinéma ou sur scène, notre culture se diffuse, partage des idées, une vision du monde, un dynamisme. N’étouffons pas cet élan. Ni nationalement, ni localement !


 

Au cœur des vignes de Savoie

Si les fromages de montagne font l’image de la Savoie, personne n’oublie les vignes des fonds de vallée et nos appellations reconnues depuis 1973. Ces dernières années, je suis intervenue en soutien aux démarches de la profession pour reconnaitre le “Crémant de Savoie”, une appellation indispensable pour compléter la palette de nos productions savoyardes et assurer une meilleure valorisation du travail sur des vignobles souvent plus difficiles que dans des régions moins pentues !

J’ai tenu à être présente à l’assemblée générale du Syndicat Régional des Vins de Savoie à Chignin, où la profession a fait le bilan des dernières récoltes, les 122 000 hectolitres du cru de 2016 étant supérieurs -en quantité- aux 114 000 de 2015, succédant à trois années peu productives. Parallèlement, les volumes stockés sont aussi en diminution, représentant une demi-année de production.

Dernière appellation obtenue tout récemment, le Crémant représente -pour le moment- seulement 3% de la récolte 2016 des vins de Savoie en AOC. Les deux premiers crus sont l’Apremont (19%) et les Abymes (12%). Globalement, les vins blancs représentent les deux tiers de la récolte AOC Vins de Savoie, les vins rouges comptant pour un peu plus de 20% et les rosés pour 5% environ.

Au-delà des volumes appelés à monter en puissance, le Crémant de Savoie a connu un bon démarrage en terme de vente. Avec un cahier des charges très exigeant, il s’agit d’une montée en gamme et d’une vitrine pour les Vins de Savoie. Cette appellation va indéniablement permettre de conquérir de nouvelles clientèles, d’accéder à de nouveaux marchés, et plus largement de valoriser encore davantage l’image des vins de Savoie. La structuration de la filière “Crémant” est d’ailleurs un des principaux enjeux en Savoie pour la profession.

Le syndicat régional rassemble à la fois des viticulteurs qui vinifient au domaine (203 dans les deux départements… et en Isère du côté de Chapareillan), qui adhèrent à l’une des trois coopératives (133 viticulteurs) ou qui vendent leurs raisins directement à l’une des 8 maisons de négoce ou Sociétés d’intérêt collectif agricole-SICA (103 viticulteurs). Tous adhèrent aux cahiers des charges des AOC, rigoureux, et qui demandent un contrôle régulier pour que le client ait la garantie d’un produit de qualité. Le syndicat assure ces contrôles sur l’ensemble de la filière, de la taille des vignes aux chais.

La très grande majorité des viticulteurs respecte les conditions de production, mais les contrôles de 2016 ont été jusqu’au retrait du bénéfice de l’appellation “AOC Savoie” sur une exploitation. C’est à ce prix que le consommateur peut être assuré de la qualité et de la typicité de ce qu’il achète (et consomme toujours avec modération !).

Contre la flavescence dorée
La qualité des vins passe aussi par la qualité sanitaire du vignoble. La profession lutte depuis des années contre la flavescence dorée, une maladie touchant les vignobles français depuis l’introduction involontaire d’un insecte américain, la cicadelle de la vigne. La lutte est sans pitié dans les vignes cultivées, avec parfois même l’arrachage des pieds contaminés… Mais j’ai découvert lors de l’assemblée générale que la lutte passait aussi par la mobilisation d’acteurs imprévus, comme la SNCF ! En effet, de nombreuses vignes sauvages poussent le long des voies entre Chignin et Fréterive, et la SNCF a dû -comme d’ailleurs les privés qui doivent eux aussi surveiller leurs quelques pieds de vigne- arracher les repousses de vignes sauvages près des voies… Le traitement le plus efficace étant un insecticide, la profession se trouve au cœur des débats actuels sur l’impact des traitements et les refus de traitements opposés par certains agriculteurs. Nos débats de société se retrouvent partout, interrogeant tous nos modes de fonctionnement…

Les échanges se sont poursuivis sur l’utilisation des produits phytosanitaires et leurs conséquences sur la santé humaine et l’environnement. La diminution progressive des pesticides étant enclenchée depuis plusieurs années, la profession est consciente qu’il s’agit d’un processus certes complexe, mais nécessaire. Je leur ai témoigné à nouveau toute ma confiance et mon soutien en tant que parlementaire, dans cette démarche de baisse des intrants. De plus, comme nous avons été plusieurs à le souligner, les viticulteurs savoyards pourraient en tirer un avantage concurrentiel en anticipant ce qui sera la norme des productions dans quelques années. A l’image des exploitations laitières de nos montagnes, la montée en gamme -dont participent les appellations contrôlées, le nouveau Crémant…- est une des réponses à la crise qui touche, dans certains territoires, le monde agricole.

Nous reparlerons des vins de Savoie dans les jours qui viennent, avec le Congrès annuel des Crémants de France et du Luxembourg, que Chambéry accueille cette année (23 et 24 mars prochains).


 

Agriculture – Le lait savoyard tient le choc

De 2014 à 2016, les producteurs de lait français ont vu les prix s’effondrer, de 360 à 294 euros les 1000 litres. Partout des manifestations ont marqué ces difficultés, qui mettent plus qu’en péril l’ensemble de la filière.

En Savoie, les producteurs ont -en moyenne- échappé à cette chute des prix. Sans même parler du lait de la zone “Beaufort” (parmi les plus élevés de France), le prix s’établit à 414,2 €/1000 litres pour le lait simplement IGP montagne, 446,6 € pour le lait « Tome des Bauges », ou 488 € pour le reblochon. Une valorisation qui doit tout au travail collectif du monde agricole, centré depuis longtemps sur des productions de qualité, avec des labels reconnus. Les producteurs viennent par exemple d’obtenir l’IGP (indication géographique protégée) “Raclette de Savoie” (ce qui est un minimum pour un plat qui est quand même d’origine alpine, et que des producteurs sans vergogne détournaient aux six coins de l’hexagone !).

Lors de l’assemblée générale de la Fédération des Coopératives Laitières des Savoie -à laquelle j’étais invitée le 7 mars dernier à La Biolle-, les dirigeants se sont félicités des prix obtenus dans notre département, qui assurent une plus juste rémunération des agriculteurs. Mais ce prix est d’abord assis sur des cahiers des charges rigoureux, et sur des conditions d’exploitation nettement plus complexes qu’en plaine. Une petite partie du lait produit est aussi « dégagée » (selon le terme employé) vers d’autres productions moins rémunératrices, pour éviter qu’une surproduction conduise à une baisse générale des prix.

Pour maintenir cette rémunération, la profession est engagée dans de nombreuses opérations d’améliorations fonctionnelles touchant notamment les ateliers de production des coopératives. Maîtrise des énergies, des consommations d’eau, citernes de collecte (qui remplacent les traditionnelles « bouilles » complexes à manipuler)… Grâce au “Pass lait cru”, la profession assure la qualification du lait et des conditions de production, notamment sous l’angle sanitaire. Un travail indispensable pour la régularité de la production, et la confiance des consommateurs.

Concernant la collecte, coûteuse en montagne, la Fédération des coopératives s’est d’ailleurs félicitée de la mesure adoptée récemment dans la loi Montagne, qui exonère de taxe sur les carburants (la “TICPE”) les camions de collecte en montagne. Le gain est d’environ 3€ pour 1000 litres : un chiffre relativement modeste en Savoie, mais qui a toute son importance dans d’autres montagnes, sans IGP ou produits phare, montagnes qui sont alors directement en concurrence avec les grandes fermes de plaine.

Cette exonération est un exemple de la concrétisation d’un travail parlementaire patient, qui, touche après touche, peut contribuer à améliorer la situation de chacun.


 

Les patrouilles alpines en compétition au Margériaz

Le Raid Hivernal des Patrouilles Alpines (RHIPA), organisé chaque année par l’Union nationale des officiers de réserve et l’Association des Réservistes de la Savoie, s’est déroulé le week-end dernier, samedi 4 et dimanche 5 mars, dans les Bauges sur le site d’Aillons-Margériaz.

Cette compétition sportive regroupe depuis 25 ans des patrouilles des unités de la réserve opérationnelle de la 27ème Brigade d’Infanterie de Montagne (BIM), ainsi que quelques autres équipes françaises et une italienne. 42 réservistes, hommes et femmes, réparti.e.s en 14 équipes ont enchainé épreuves techniques le samedi puis course de ski le dimanche matin sur un itinéraire technique, après une nuit de neige dense. Sur le camp de base de la Ferme de la Mense à Aillon-le-Jeune, j’ai eu le privilège et l’honneur de remettre les prix et notamment la “coupe du Colonel Stumm” aux vainqueurs. Bravo à la patrouille du 13ème Bataillon de Chasseurs Alpins, basée à Barby, qui termine en deuxième position du classement général, à tous les participant.e.s et aux organisateurs.

Une belle réussite pour cette manifestation annuelle qui permet à la réserve opérationnelle, intervenant habituellement en France dans le cadre de l’opération « Sentinelle », de se retrouver, se dépasser en montagne et de renforcer les valeurs de cohésion et de fraternité qui portent ces hommes et ces femmes.


   
Crédits photos Sous-Lieutenant Tristan